Noël 2020

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Je ne vais pas ré-écrire un papier sur ma façon de vivre ce re-confinement enfermée dans une maison du centre-ville sans jardin ni terrasse ni le moindre balcon ; je l’ai déjà fait ! Ni même vous parler des subterfuges mis en place pour contrer le manque d’activité physique et, ce qui est pire pour moi, l’absence de contact avec mes semblables même si j’use et j’abuse du téléphone et d’internet !
J’ai donc commencé à puiser dans mes souvenirs. L’avantage c’est qu’à mon âge des souvenirs on commence à en avoir pas mal ; leur exploration peut donc durer un paquet de temps ! Un vrai trésor en somme…que personne ne me chipera !
Souvenirs donc …J’ai eu la chance, quand j’étais petite fille, de côtoyer de très près, ma grand-mère paternelle que l’on appelait « Mamycha » un joli surnom dont j’ignore l’origine. Veuve, elle passait tous les étés avec nous. Une femme adorable, aimante, qui aimait raconter des histoires, et nous tricoter des pulls qui grattaient. Elle réalisait d’excellentes pâtisseries qu’elle sucrait avec de la cassonade brune. Par ailleurs, elle nous concoctait de drôles de soupes au goût et à la texture indéfinissables, avec tous les petits restes qu’elle glanait dans le frigo. Car elle répugnait à les jeter ou même à les donner aux poules ! Avec un gros morceau de beurre et des croûtons de pain qu’elle faisait frire à la poêle, ma foi ça se mangeait ; de toute façon mes deux sœurs et moi n’avions pas le choix : je suis d’une époque où les enfants avaient obligation de terminer tout ce qu’on nous mettait dans notre assiette. Et sans pouvoir protester !
Cette gentille grand-mère avait l’habitude d’inventer des mots (peut être que le dictionnaire ne lui suffisait pas) Ainsi les moutons, ces sortes de petits amas de poussière qui naissent sous les lits ; s’appelaient chez elle, des « nounouches » ne me demandez pas pourquoi, je le sais pas. De même ; elle désignait sa boite à chocolat en porcelaine ; « le poisson » tout simplement parce que la poignée du couvercle représentait une espèce d’anguille, mais je ne suis incapable d’expliquer pourquoi les ours en peluche chez elle, étaient toujours des « chuchus ». J’ai fait perdurer cet usage car lorsque mes petits enfants ont commencé à prendre l’habitude de dormir chez moi ; j’ai acheté dans un vide-grenier un ours en peluche qui me faisait assurément de l’œil pour que je l’adopte. Je l’ai soigneusement lavé avant de le mettre dans leur chambre. Il s’appelle « Chuchu » bien évidemment. Il est vite devenu le gardien de leur sommeil. Et quand les échos de ce monde qui devient fou et qui perd toute espèce de raison, se font trop pressants, je pense à ce temps de mon enfance, où un chuchu nous gardait de tout cauchemar où notre grand-mère nous chantait une comptine pour nous endormir. Je crois que ce soir, je vais inviter Chuchu sous ma couette…

2 Re-Confinement …ou l’art de ne rien faire !

Je lézarde sans soleil, je paresse, je m’endors sans avoir envie de dormir, je musarde, je procrastine sans remettre quoique ce soit au lendemain, je me ralentis sans avoir au préalable accéléré, je m’économise sans besoin de me dépenser, je flâne sans aller dehors, je glandouille, je m’ankylose alors que je ne fais rien, je traînasse, je flemmarde, je lambine, je sommeille sans être fatiguée enfin pour résumer : je glande ! Voilà c’est dit : je n’ai rien à faire ou presque ! Et je viens de découvrir une vérité qui semble des plus absurdes : ne rien avoir à faire ; fatigue énormément quoiqu’on puisse en penser …Fainéanter est tout un art une façon de vivre, voire une philosophie que je ne maîtrise pas, hélas ! Je sais que je vais devoir ouvrir la boite à souvenirs, car je n’ai jamais appris à ne rien faire ! Petite fille je contemplais le monde mais mes parents ne supportaient pas que leurs enfants soient inactifs ! Avec eux ; rêver ne pouvait pas être un passe-temps encore moins une mission. C’était du style : « si tu ne sais pas quoi faire je vais te trouver une occupation », et ils nous proposaient derechef de tondre la pelouse (avec une tondeuse mécanique qui ne fonctionnait qu’avec les muscles de celui ou celle qui la poussait) ou de ramasser les feuilles mortes sur la dite pelouse si on était en automne, de pomper de l’eau pour la lessive de maman, pour arroser le potager ou pour laver la voiture de papa … Le pire était de devoir ôter les germes des pommes de terre stockées dans la cave car au milieu de la caisse on trouvait immanquablement un ou deux tubercules pourris et j’avais en horreur cette odeur qui me donnait des hauts le cœur ! J’étais une enfant rêveuse. J’aimais admirer les rayons de lumière prisonniers des toiles d’araignées surtout lorsqu’elles sont chargées de rosée. Je passais des heures à regarder une fourmilière après l’avoir titillée avec un bâtonnet. J’organisais des courses d’escargots, activité assez chronophage il faut l’avouer mais qui demande un vrai savoir faire. Car il faut d’abord trouver quatre à cinq gastéropodes de la même espèce pour qu’ils soient tous de la même taille et ne pas en favoriser l’un ou l’autre. Car en matière de colimaçons il en existe des centaines de variétés différentes ; certains sont monstrueux et peuvent atteindre plus d’un kg, d’autres minuscules ne pèsent que quelques grammes ! Une fois les athlètes sectionnés ; il suffit de les poser par terre sur la ligne de départ tracée au sol et de placer bien en vue quelques feuilles de laitues sur la ligne d’arrivée. L’épreuve peut durer de quelques minutes à plusieurs heures si les gastéropodes refusent de réaliser l’enjeu de la course, qu’ils décident de partir en sens inverse ou pire de s’enfermer dans leur coquille en signe de refus ! En tout état de cause ça énervait mes parents qui me disaient « mais arrête de perdre ton temps ! » Mais comment perdre son temps ? Ou en gagner d’ailleurs ? N’empêche que durant ce confinement j’aimerais bien pouvoir organiser une course d’escargots sur la table de ma cuisine : ça me ferait passer le temps ; je le trouverai forcément moins long !

4 Démultiplier sa vitesse …
Ben voilà c’est dit répété et amplifié par tous les médias : Joe Biden a remporté la course à la Maison-Blanche avec (une première pour les USA) une femme Kamala Harris comme vice-présidente ! Je mettais promis en écrivant cette page de ne pas évoquer la politique, d’autres dont c’est le métier, le font bien mieux que moi ; mais c’est difficile de passer cette info sous silence alors que nous sommes toujours confinés. J’ai décidé de me lancer à dans la fabrication d’une poupée en tissu pour ma petite fille de 28 mois. J’ai mis plus d’une journée à chercher mon modèle parce que j’ai d’abord pris le temps de trier et de ranger par année et par mois, ma pile de catalogues où je savais pouvoir trouver un patron : activité qui somme toute n’était nullement indispensable car qu’importait le mois ou l’année du moment que je puisse dégoter le bon catalogue ! De même j’ai démonté consciencieusement et avec soin le mécanisme de ma machine à coudre pour le nettoyer et la huiler, pour finalement constater qu’il n’en avait nul besoin ! Néanmoins ce confinement m’a appris une chose c’est que la démultiplication, la diversification des gestes ou même des intentions, semblent rendre le temps réellement plus court ! Reprenons si vous le voulez bien, la signification du mot : le fait de démultiplier réduit la vitesse dans la transmission d’un mouvement comme en mécanique. Et là je veux remercier mes fils qui m’ont appris un minimum de notions de mécanique quand ados ils transformaient notre cave en atelier de réparation pour leurs mobs et celles de leurs copains ! Donc démultiplication et ralentissement des gestes ou des mouvements ! C’est un peu comme éviter d’effectuer des choses inutiles. Cependant, si on emploie le verbe à la forme pronominale « se démultiplier » sa signification est tout autre ; c’est avoir l’impression d’être à plusieurs endroits en même temps. Pas de ralentissement dans ce cas, mais un don d’ubiquité qui me serait vraiment profitable pour être ici, dans ma maison, et en même temps avec ceux que j’aime et qui me manquent terriblement ! Enfin dernier sens du même mot : se démultiplier c’est aussi s’investir à fond. Je n’y comprends plus grand-chose : comment se fait-il qu’un même terme puisse avoir plusieurs significations ? Ce qui est vrai c’est que le fait de décomposer nos mouvements ou nos pensées rendent le temps moins languissant ! Je vous donne un exemple ? Quand je lis, je note les mots que je ne connais pas ou dont leur signification m’échappe puis je cherche le mot dans un dico sur Internet. Je continue quand je l’ai assimilé, en le plaçant au milieu d’une phrase un peu comme les exercices que nous faisions à l’école en cours de français. C’est un petit jeu qui ne coûte rien mais qui peut nous apporter beaucoup ; celui de nous apprendre du vocabulaire ! Posséder un lexique à sa disposition est une vraie richesse en ce temps de confinement où trop de gens s’invectivent à la moindre occasion dans la rue, les médias ou les réseaux sociaux avec un glossaire des plus étriqués voire primitifs. Vous apprendrez vite que traiter votre voisin de butor plutôt que de lui dire qu’il est con, est plus élégant ; dire de quelqu’un qu’il est un orchidoclaste plutôt qu’un casse-couilles est jouissif; traiter un individu qui ne fait rien de bien, de gougnafier plutôt que de nul, est plutôt drôle ; enfin injurier une personne de sagouin est nettement plus joli que de la traiter de dégueulasse ! Moi, j’aimerais assez traiter certains de nos dirigeants de paltoquets ou de maroufles…Vous devriez essayer , je vous assure
Je crois que cette épidémie et ce confinement qu’elle nous impose, m’aura appris et fait toucher du doigt une chose essentielle : la liberté d’aller et venir de son plein gré est un bonheur inestimable, une richesse sans limite ! Il nous faut être obligé de rester reclus dans notre propre habitation pour nous nous en rendre compte. Je veux dire réellement. Un oncle de mon père a passé la majorité de sa vie, délibérément cloîtré voire emmuré dans une abbaye en Normandie. Paul puisque tel était son prénom était moine. Je ne l’ai jamais connu autrement que par courrier ; nous nous sommes écrits des lettres durant des années. C’était un homme cultivé qui lisait beaucoup qui avait une belle écriture mais jamais je n’ai pu admettre que des hommes jeunes puissent s’isoler ainsi du monde

3 Noël confiné ?
Certains scientifiques et politiques qui leur emboîtent le pas ; évoqueraient l’éventualité de passer les fêtes de Noël en confinement, même si nous avons la possibilité d’acheter un sapin…Adieu les réunions de famille, le sapin illuminé, les cadeaux à ses pieds, la table bien garnie et les yeux remplis d’étoiles des plus jeunes ! Je suis infiniment triste et la réminiscence des fêtes des années précédentes ne me consolera pas de l’absence de mes enfants et petits-enfants …Que faire ? Plonger une fois de plus dans mes souvenirs et vous les raconter ! Mes parents possédaient une maison avec un grand jardin au fond duquel serpentait un ru qui servaient de terrain de jeu à de petites poules d’eau et à de nombreuses grenouilles ! Certains soirs d’été, ces dernières nous gratifiaient d’un concert impromptu et gratuit dont personne n’avait l’idée de se plaindre. Le coq des voisins quant à lui, servait de réveil matin à tout le monde sans aucun ménagement pour notre emploi du temps, car il faut savoir que le coq ne chante qu’avec le lever du soleil et qu’il ignore totalement si vous avez décidé de vous accorder une grasse matinée ou pas. Il arrivait donc selon la saison ou la météo qu’il puisse être soit en retard soit en avance sur vos projets de la journée, mais personne n’y trouvait rien à redire ; si vous vouliez avoir l’heure juste vous n’aviez qu’à acheter une pendule avec un carillon ! Noël se passait en famille et le choix des parents en matière de cadeaux se faisait dans le plus grand secret. Il nous fallait donc attendre le matin de Noël pour découvrir ce que le papa noël avait décidé de nous offrir. Jamais personne à l’époque, n’aurait eu l’idée d’inviter ses enfants à parcourir les allées des grands magasins pour décider eux-mêmes de leurs présents ! Mon père achetait chaque année un petit sapin qu’il mettait dans un seau en zinc rempli de sable pour qu’il reste stable, une fois alourdi des décorations et des guirlandes. Lorsque les fêtes étaient passées le conifère terminait sur le compost au fond du jardin. Or il advint que mon père décida un beau jour d’acheter un épicéa avec des racines qu’il replanta dans le fond du jardin dès le début du mois de janvier. Le sapin saisit sa chance et il lui prit l’envie de se mettre à pousser. Et vite, car ses racines avaient trouvé le petit ruisseau où elles puisaient de l’eau à leur aise ! Durant deux Noël, je crois, mon père le déterra le remit dans un seau et le porta dans le salon pour le décorer. La troisième année il faisait si froid, le sol était si gelé et si dur qu’il fut impossible d’y planter un outil pour enlever l’arbre de sa gangue de terre. Maman eut alors l’idée de nous proposer de décorer notre « petit-sapin » dehors ; ce que nous fîmes avec enthousiasme ! Toutefois l’année suivante, l’arbre avait si bien grandi et grossi qu’il fut inimaginable de le transporter dans la maison ! Durant toutes les années de notre enfance nous décorâmes l’arbre de Noël dans le jardin. Mais vint l’époque où nous quittâmes la maison : aujourd’hui j’aimerais bien savoir si notre « petit-sapin » vit toujours et si la petite boule en verre rouge qui reflétait si bien les lumières que j’avais cachée au milieu de ses aiguilles, y est toujours accrochée !
NB : finalement depuis le 15 décembre nous avons l’autorisation de voyager dans l’hexagone pour fêter Noël en famille mais en petit comité et nous serons sous le coup d’un couvre-feu !

renvoyer aux calendes grecques
retarder ; remettre aux calendes grecques ; remettre à une date qui n’existe pas ; reporter inlassablement quelque chose ; reporter à la Saint-Glinglin ; reporter à la semaine aux quatre jeudis ; remettre ça à quand les poules auront des dents ; ajourner à une date indeterminée ; reporter à une date qui n’existe pas

Origine et définition
Pourquoi cette date n’existe-t-elle donc pas ?

C’est sous Jules César, vers 45 avant J.C. que le calendrier romain est réorganisé pour être en accord avec les mouvements connus des astres.

L’année de 365 jours et les années bissextiles datent de cette époque.
Les calendes () désignaient le premier jour de chaque mois, jour pendant lequel les débiteurs
devaient payer leurs dettes.

Un peu plus loin vers l’est, les Grecs, eux, n’en avaient cure, et continuaient à utiliser gaillardement leur méthode de comptage du temps, sans calendes.

Ce serait Auguste, à une époque où la ‘Saint-Glinglin’ et ‘la semaine des 4 jeudis’ n’existaient pas encore, qui aurait le premier introduit les inexistantes calendes grecques pour parler de la plus qu’hypothétique date de remboursement des débiteurs insolvables.

Noël
« Noël au balcon, Pâques au tison » Ce proverbe que tout le monde connaît et utilise daterait du Moyen Âge. Il signifierait que si le temps est doux à Noël, il sera froid à Pâques, mais il n’a, en réalité, aucun fondement climatologique. Car il n’y a évidemment aucun de lien direct entre le temps qu’il fait à Noël et à Pâques, dont la date varie d’ailleurs chaque année.
Reste d’une bûche, d’un morceau de bois, dont une partie a été brûlée. Tison ardent. Tison éteint. Rapprocher les tisons.

Fig., Tison d’enfer se dit, par exagération, d’un Méchant homme, d’une méchante femme, qui excite au mal par ses discours, par ses exemples.

Fig., Tison de discorde, Personnage séditieux et funeste au repos de la société. Il se dit aussi d’une Chose qui est une matière de discorde, un sujet de longues dissensions. On dit plutôt Brandon de discorde.

catherine Pitat

catherine Pitat

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